Contrainte professionnelle oblige ! Madame fulmine. Dans la voiture, ils se disputent. Il lui reproche de ne pas respecter les horaires convenus, elle lui rappelle que même en retard, il continue à répondre au téléphone. Et chacun va arguer de ses urgences ! « Normal », direz-vous : elle, c’est une femme ; lui, c’est un homme. « Normal », lorsque l’observateur ou le neurologue accumulent des données et statistiques et évaluent des comportements qui souvent enferment les deux partenaires du couple dans des pseudo-modèles. « Normal » lorsque nous nous regardons faire en tant qu’hommes et femmes à partir de comportements majoritaires, fruits de notre éducation et de notre culture et fort peu de notre nature. Rien de tout cela ne constitue en soi une norme. Nous affirmons que chaque couple peut élaborer à partir de lui-même sa propre identité, loin des schémas comportementaux et limitants des modèles dans lesquels le genre masculin et le genre féminin doivent trouver leur expression. C’est ce que nous proposons de développer. 1.1. Y-a-t-il des modèles pour être homme ou femme ? Une idéologie comportementale semble remplacer « les bonnes mœurs » qui distribuaient des rôles et des fonctions à chacun des époux engagés dans un couple. Là où les responsabilités du chef de famille ou de la mère étaient clairement instituées, se substitue un code de bonne conduite où hommes et femmes sont assignés à des comportements prescrits. Nous nous interrogeons sur cet effet de mode qui voudrait justifier nos comportements d’hommes et de femmes à partir de notre cerveau, ou excuser nos dysfonctionnements amoureux sur la simple plaidoirie d’un : « c’est normal qu’il (ou elle) agisse comme ça, c’est un homme (ou une femme) ! » Nous acquiesçons aux observations pertinentes et souvent amusantes pointant les différentes manières dont hommes et femmes réagissent au quotidien et plus particulièrement au sein de la vie du couple. En ce sens Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus, le succès de librairie de John Gray est amusant et souvent éclairant. Nous contestons les normes qui pourraient injustement en être déduites. Nous refusons d’entrer dans la voie qui tendrait à développer des modélisations qui ne sont que conjoncturelles et culturelles. Chaque société fixe les rôles qu’elle attribue aux hommes et aux femmes. Notre culture occidentale puise ses sources dans la culture gréco-latine, avec les figures mythiques par exemple de Vénus, Déméter ou Pluton, dans la culture biblique avec le mythe d’Adam et Ève et le discours traditionnel des églises judéo-chrétiennes, plus récemment dans la psychanalyse avec sa lecture du complexe d’Œdipe* ou l’angoisse de castration. Celles qui font des sacs de nœuds et s’aiment toujours C’est une évidence : le genre, les attributs sexuels, les corps biologiques sont différents. Pour autant, hommes et femmes sont d’abord pris dans des mêmes préoccupations du sens de leur vie : « Qui suis-je ? Quel sens donner à ma vie ? Quel est mon rapport à l’autre, aux autres ? Comment j’existe par moi-même et avec les autres ? Qui suis-je en tant qu’homme ou femme ? ». Nous sommes d’abord des personnes avec une distinction de sexe, pétris par les mêmes contraintes existentielles. En ce sens nous ne voulons pas expliquer le fonctionnement du couple par la différence de sexes. Pour nous, le couple est une rencontre, certes sexuée, mais d’abord de deux personnes qui vont vivre progressivement une construction amoureuse. Il est impossible de faire fi des modèles que nous avons intégrés :
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